Janvier 2009. Défi sociétal, technologique, médical et culturel, le langage est au cœur de nombreux questionnements scientifiques majeurs, nécessitant de faire reculer les frontières de la connaissance. Au Collegium de Lyon, la communication humaine fait partie d’une des thématiques scientifiques prioritaire.
Ainsi, depuis septembre 2008, le Collegium de Lyon accueille le chercheur québécois Yvan Rose, linguiste, spécialiste de l’acquisition du langage chez l’enfant. Yvan Rose concentre ses recherches sur la période couvrant le babillage jusqu’à l’émergence des premières phrases, vers l’âge de quatre ans. Ses recherches doivent permettre de mieux comprendre les mécanismes d’acquisition langagière chez l’enfant et, d’un point de vue théorique, d’établir des liens plus tangibles entre les axes de recherche sur les périodes pré-verbales et verbales.
Comment est né votre projet de recherche ?
Si l’on devait définir ce qui caractérise l’espèce humaine, ce serait sans aucun doute le langage. Les animaux sont capables de communiquer entre eux mais seuls les humains ont la capacité de converser. Outre cette faculté universelle, la linguistique démontre que les langues sont en réalité très similaires. Les différences ne sont en fait que superficielles. Il existe plusieurs méthodes pour appuyer ce constat : soit en définissant des correspondances entre les langues, soit en analysant comment les bébés apprennent une langue. C’est cette dernière méthode que j’ai choisi d’approfondir.
Comment vous y prenez-vous pour mener vos recherches ?
Je travaille sur le long terme. J’observe une demi-douzaine d’enfants en direct, sur une période de 2 ans au minimum, et des milliers d’enfants des corpus déjà établis ou des résultats d’études transversales portant sur des grandes populations d’apprenants, de l’âge de 6 mois à 4 ans. J’étudie l’évolution de la prononciation d’un même mot jusqu’à la prononciation parfaite ; autrement dit de la perception du langage jusqu’à la production du langage. Je n’analyse pas uniquement l’apprentissage du français, mais également celui du portugais, de l’anglais, du néerlandais et de l’allemand. Je cherche à définir ce qui est commun chez ces enfants en matière d’acquisition langagière, quelle que soit leur langue maternelle.
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